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Extrait

Lorsqu’on arrive en ville, le soleil commence à se coucher et les rues de Taormine sont bondées de touristes et d’habitants. Le village est plein de vie, les petites ruelles étroites sont bordées de cafés et de restaurants. Les vitrines des magasins très chers me sourient toutes. Des marques de luxe ici, quasiment au bout du monde ? Même dans le centre de Varsovie, il faut les chercher.

La voiture s’arrête, le chauffeur m’ouvre la porte. L’homme en noir m’aide à sauter de la marche du SUV qui, pour ma taille, est assez haut. Après coup, je remarque un autre SUV pas loin du nôtre, dont sortent deux hommes costauds habillés aussi de noir. Massimo m’attrape la main et me guide vers une des rues principales. Ses deux hommes nous suivent en gardant une distance raisonnable pour ne pas attirer attention. C’est assez ridicule, s’ils ne veulent pas se faire remarquer, ils devraient porter des pantalons d’été et des tongs, pas un costume de fossoyeur. Évidemment, dans une tenue de plage, il est difficile de cacher une arme.

Le premier magasin dans lequel nous entrons est la boutique Roberto Cavalli. La vendeuse se jette sur nous en nous saluant chaleureusement. Un monsieur assez âgé sort de l’arrière-boutique, il reconnaît Massimo et lui donne l’accolade en l’embrassant sur les deux joues tout en lui parlant en italien. Puis il se tourne vers moi.

–  Bella, dit-il en me prenant les mains.

C’est un des seuls mots en italien que je connais. Je lui souris pour le remercier du compliment. Il reprend dans un anglais parfait : 

–  Je m’appelle Antonio et je vais t’aider à choisir une garde-robe adéquate. Taille 36 ? Je ne me trompe pas ?

–  Parfois 34, ça dépend de la taille du soutien-gorge. Comme Monsieur peut le voir, la nature ne m’a pas vraiment gâtée, je réponds en rigolant et en montrant ma poitrine.

–  Ah ma jolie ! s’écrie Antonio, Roberto Cavalli adore ce genre de forme. Allons-y, Don Massimo va attendre patiemment.

L’homme en noir s’assied sur le canapé en tissu argenté. Immédiatement, une bouteille fraîche de Dom Pérignon apparaît sur la table à côté de lui. Une des vendeuses lui sert un verre. Massimo me jette un regard sensuel, puis il se plonge dans son journal. Antonio m’apporte une dizaine de robes que j’essaie l’une après l’autre. Il pousse des cris des joie à chaque nouvelle tenue. Je ne vois pas les prix, mais je suis sûre qu’on pourrait facilement acheter un appartement à Varsovie avec ce que j’ai essayé. Au bout d’une heure, j’ai choisi quelques pièces qui sont emballées dans de magnifiques boîtes. Même topo dans les autres magasins : un accueil euphorique et des achats sans fin… Prada, Louis Vuitton, Chanel, Louboutin et, pour terminer, Victoria Secret.

Pendant tout ce temps, Massimo reste assis, lisant son journal, téléphonant ou consultant son iPad. Il ne me prête absolument aucune attention. D’un côté, j’en suis contente, mais de l’autre, ça m’énerve. Je ne comprends pas : ce matin, il ne pouvait pas arrêter de me regarder et, maintenant, alors qu’il peut me voir dans tous ces vêtements magnifiques, il semble totalement désintéressé.

Ça ne colle pas avec mon fantasme d’être dans Pretty Woman, où je me montrerais dans des tenues toutes plus sexy les unes que les autres et lui jouerait mon plus grand fan.

Victoria Secret nous accueille dans un univers tout en rose, la couleur est partout, dans les costumes des vendeuses, sur les murs, sur les canapés, j’ai l’impression d’avoir pénétré dans une machine à fabriquer de la barbe à papa. Tout ce rose me rend malade. L’homme en noir lève les yeux de son téléphone pour me regarder :

–  C’est la dernière boutique, on n’a pas plus le temps. Prends ça en considération dans tes choix, dit-il, un peu irrité.

Puis il se rassied sur son canapé et retourne à son écran de téléphone.

Je grimace et reste plantée là un moment en le regardant avec hostilité. Je suis plutôt contente que ce shopping prenne fin, car je commence à en avoir marre, mais la manière dont il m’a parlé m’a déplu.

–  Signora, dit une des vendeuses en m’invitant à la suivre très chaleureusement.

J’entre dans une des cabines d’essayage, où m’attend une grosse pile de maillots de bain et de lingerie à essayer.

–  Vous n’êtes pas obligée de tout essayer. Essayez juste un ensemble, comme ça, je vérifie que c’est bien votre taille, dit-elle.

Puis elle disparaît en tirant le rideau pour que je puisse me déshabiller.

Pourquoi tant de culottes ? Je n’en ai jamais eu autant de toute ma vie. J’ai devant moi une pile de tissus colorés, principalement en dentelle. Je sors ma tête de la cabine pour demander :

–  Qui a choisi tout ça ?

La vendeuse s’approche de moi.

–  C’est Don Massimo qui a ordonné de préparer exactement ces modèles-ci du catalogue.

–  Je comprends.

Je fouille dans la pile et remarque un thème récurrent : de la dentelle, de la dentelle fine, de la dentelle un peu plus épaisse, de la dentelle… et au milieu de tout cela, quelques pièces. Super ! je grogne de manière ironique. Je choisis un ensemble rouge en dentelle et soie et j’enlève ma robe pour procéder à tous ces essayages. Le soutien-gorge très fin va parfaitement à ma petite poitrine. Même si ce n’est pas un push-up, je suis ravie de constater que ma poitrine est mise en valeur. Je me penche pour enfiler le string en dentelle. Quand je me relève, pour me regarder dans le miroir, Massimo est derrière moi. Adossé au mur de la cabine, les mains dans les poches, il me regarde, des pieds à la tête.  


À suivre...

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